Trois mois après le début de son invasion de l’Ukraine, la Russie s’est dite mardi 24 mai bien déterminée à atteindre « tous ses objectifs » dans le pays. Kiev a de son côté continué à demander davantage de matériel à ses soutiens pour tenter de résister face à l’assaillant.

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Voici ce qu’il faut retenir de la journée.

Moscou affiche sa détermination

Après avoir éloigné les forces russes des deux plus grandes villes du pays, Kiev et Kharkiv (nord-est), les Ukrainiens reconnaissent des « difficultés » dans le Donbass (est), formé par les provinces de Lougansk et de Donetsk, où la Russie a recentré son offensive.

« Nous continuons l’opération militaire spéciale jusqu’à la réalisation de tous les objectifs », a souligné le ministre russe de la Défense, tandis que le secrétaire du Conseil de sécurité de Russie a pour sa part assuré que « les objectifs fixés par le président [Vladimir Poutine] seront remplis »

Severodonetsk et Lyssytchansk dans le viseur de la Russie

Moscou concentre sa puissance de feu sur le réduit ukrainien de la région de Lougansk, essayant de cerner les villes de Severodonetsk et de Lyssytchansk. Des combats sont en cours pour le contrôle de la ville de Lyman, un important nœud ferroviaire dont la prise constituerait un progrès important dans ces tentatives d’encerclement.

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Le ministère ukrainien de la Défense a aussi évoqué d’intenses combats dans les environs des localités de Popasna et de Bakhmout, dont la chute donnerait aux Russes le contrôle d’un carrefour important pour l’effort de guerre ukrainien.

Dans ce secteur, « l’ennemi a amélioré sa position tactique », a admis mardi matin l’état-major de l’armée ukrainienne, qui assure que « la plus grande activité hostile » est observée « près de Lyssytchansk et de Severodonetsk ». Quatre personnes ont par ailleurs été tuées dans la matinée par une frappe sur une usine de produits chimiques de Severodonetsk où avaient été installés des abris, d’après les autorités locales.

Kiev s’impatiente au sujet des armes

Dans ce contexte, Kiev appelle instamment les Occidentaux à lui livrer davantage d’armements. « L’offensive russe dans le Donbass est une bataille impitoyable, la plus vaste sur le sol européen depuis la Deuxième guerre mondiale. J’exhorte nos partenaires à accélérer les livraisons d’armes et de munitions », a ainsi lancé mardi le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba.

Le président polonais Andrzej Duda, dont le pays a fourni à l’Ukraine ses chars soviétiques T-72, a reproché à Berlin de tergiverser sur la livraison de blindés allemands Leopard, promis à la Pologne en contrepartie. La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a reconnu qu’il y avait discussion, l’hebdomadaire Der Spiegel affirmant que celles-ci étaient dues à la demande de Varsovie de recevoir des chars de dernière génération.

La Hongrie proclame l’état d’urgence

Un embargo de l’Union européenne sur le pétrole russe était par ailleurs toujours au centre des discussions, qui requièrent l’unanimité des pays membres de l’Union. L’Allemagne et la France ont jugé possible d’y parvenir dans les prochains jours, mais le Premier ministre hongrois Viktor Orban, dont le pays dépend du pétrole russe, a jugé cette perspective « très improbable » dans l’immédiat.

Le dirigeant hongrois, arguant des répercussions de la guerre, a décrété mardi l’état d’urgence à partir de minuit dans son pays. La présidence française a assuré que que « différentes options sont sur la table pour sortir de ce blocage » sur l’embargo.

Plusieurs centaines d’enfants tués ou blessés en trois mois

En trois mois de conflit armé, 234 enfants ont été tués et 433 blessés, a dénoncé mardi le bureau de la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova.

Au total, des milliers de civils et de militaires ont péri, sans qu’il existe un bilan chiffré. Pour la seule ville de Marioupol, les autorités ukrainiennes parlent de 20 000 morts. Côté russe, des sources occidentales évaluent à 12 000 le nombre des soldats tués, le Kremlin n’ayant admis que des « pertes importantes ». L’Ukraine n’a pas fourni de bilan du nombre de ses militaires mis hors de combat.

Plus de huit millions d’Ukrainiens ont été déplacés à l’intérieur de leur pays, selon l’ONU. S’y ajoutent 6,5 millions qui ont fui à l’étranger, dont plus de la moitié – 3,4 millions – en Pologne.





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By cftv1

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