Le ministère de l’Intérieur a annoncé mercredi 25 mai réfléchir à ne plus retirer de points « si vous êtes à 5 km/h au-dessus » de la vitesse autorisée. Les amendes sanctionnant ces infractions seront en revanche conservées. Pour l’instant, il s’agit d’une réflexion, il n’y a ni calendrier, ni expérimentation prévus à ce stade.

Mais déjà l’association 40 millions d’automobilistes se réjouit d’un message qui va dans le bons sens, selon elle.

Il y a un mois, elle est montée au créneau pour demander plus de souplesse car près de 6 PV sur 10 concernent des excès de vitesse inférieurs à 10 km/h au-dessus de la limitation. En 2020, sur les 12,5 millions de contraventions envoyées pour des excès de vitesse contrôlés par des radars, 58% concernaient des excès inférieurs à 5 km/h, confirment les chiffres du ministère de l’Intérieur.

« En un jour, je peux perdre douze points », s’exaspère Moher, un automobiliste parisien qui a bien du mal à respecter les limitations de vitesse  et multiplie les petits dépassements.

« Déjà on galère avec le code de la route, avec la limitation, avec le stress de la conduite, avec les bouchons… On est confrontés tous les jours à la perte systématique des points. »

Moher, un automobiliste parisien

à franceinfo

« C’est dur, renchérit Hakim, chauffeur de taxi. On a douze heures à faire sur la route ». La fin du retrait de point sur les petits excès de vitesse serait donc une bonne chose pour lui. « J’aimerais bien qu’ils mettent 10km/h de tolérance », suggère-t-il en souriant.  

À 225 kilomètres de là, dans la petite commune de Vauclerc, dans la Marne. Son maire, Jean-Luc Guillot, voit tout ça d’un très mauvais œil. Il a œuvré pour faire installer deux radars pour la sécurité de ses administrés et craint que les automobilistes appuient sur l’accélérateur. « Je pense que les Français seront moins sérieux. Ce qui permet d’être plus incisif, c’est quand même le retrait de point. Ça fait peur. Beaucoup plus que l’amende », assure le maire.

C’est un très mauvais signal envoyés aux automobilistes, appuient plusieurs associations comme la Ligue contre la violence routière. « Il est évident que nous sommes avec des mesures pleinement électoralistes, dénonce sa présidente, Chantal Perrichon. Il ne s’agit pas de montrer un intérêt quelconque pour la sécurité routière. Il faut mettre un genou en terre devant le lobby de la vitesse qui ne cesse de glapir que c’est une atteinte financière pour tous ceux qui ne respectent pas ou pour une minute d’inattention.

« Est-ce qu’il faut rappeler une énième fois que la vitesse est la première cause de morts sur la route ? »

Chantal Perrichon, présidente la Ligue contre la violence routière

à franceinfo

Pour Anne Lavaud de l’association Prévention Routière, une telle mesure serait comme une invitation à rouler plus vite au moment où les chiffres de la sécurité routière repartent à la hausse. « Pour nous, il n’y a pas de petits excès de vitesse. Il y a des vitesses maximales autorisées, ça veut dire que les autorités compétentes ont analysé l’accidentologie sur les territoires en question. S’il y a un choc avec un piéton, à 30 km/h, les blessures les plus fréquentes sont des contusions légères et la probabilité d’être tué est à 15%. Si on est à 40 km/h dans le même cas de choc, le risque d’être tué est de 30%. »  

Le permis à point a 30 ans, rappelle Anne Lauvaud. Un dispositif plutôt « salué, apprécié dans sa dimension pédagogique« , insiste-t-elle.





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By cftv1

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